L'abeille dans les traditions

 

Je suis l'insecte aimé du poète et des dieux.

Jean Aicard

L'abeille dans les traditions et les croyances

Deméter

Les traditions

Dans la mythologie

C'est Bacchus qui aurait rencontré un essaim d'insectes inconnus qu'il mit dans un tronc d'arbre et serait donc le découvreur des abeilles.
Un récit mythologique raconte que Cupidon piqué par des abeilles alors qu'il s'apprêtait à leur voler un rayon de miel, alla se plaindre auprès de sa mère Vénus, qui le sermonna en lui affirmant que ses traits causaient souvent des blessures autrement plus profondes et persistantes que celles des abeilles.

Dans la mythologie grecque, les prêtresses de Démeter étaient nommées abeilles.

Chez les Eduens

L'abeille chez les Eduens: le gui, le chêne et l'abeille

Le chêne était l'arbre sacré des premiers habitants des Gaules. [...]
Et quand un essaim d'abeilles avait pu trouver gîte dans les cavités de son tronc ou de ses branches, alors le chêne était l'arbre deux fois sacré. L'abeille était descendue du ciel à la prière des druides, et son miel devenait comme une universelle panacée, un remède souverain guérissant toutes les maladies.
Mais quand le pivert, l'oiseau ami des vieux chênes, venait extraire de ses cavités les débris vermoulus, alors tout était pour le mieux, la trilogie était parfaite, et de toute part on accourait auprès de l'arbre trois fois sacré.
C'est sans doute à ces souvenirs celtiques que nous devons attribuer cette sorte de mystère religieux, qui jusqu'à nos jours a enveloppé les abeilles et l'apiculture. De là aussi les foules de superstitions restées inarrachables dans l'esprit des vieux mouchiers de la Bourgogne. Allez dans le Morvan, cette patrie des anciens druides, et vous y trouverez l'abeille initiée aux peines et aux joies de la famille. Ici, un crêpe attaché sur la ruche vous dira qu'elle porte le deuil de son propriétaire. Là, un rameau de buis vous apprendra qu'elle a chanté l'hosanna chrétien avec le joyeux enfant de chœur. Il y a plus, la symphonie exécutée au jour des noces ne sera pas complète si, avec son gâteau de miel, l'abeille n'apporte son accompagnement de son doux bourdonnement.
Vous allez crier à la superstition, et peut-être allez-vous arborer le drapeau du progrès et de la science apicole dans ces régions rocheuses et boisées. Gardez-vous-en bien, le descendant des antiques Eduens hausserait les épaules et sourirait de pitié, et vous seriez bien heureux s'il ne vous faisait sentir les nœuds aigus de son gros bâton de houx pour vous chasser comme un profane et un impie.
Ici donc les traditions celtiques ne sont pas encore éteintes: le gui, le chêne et les abeilles sont toujours choses sacrées.

L'abeille bourguignonne- 19e siècle.

La tradition chrétienne

En Bretagne, à la Chandeleur, fête considérée comme celle des abeilles, on apportait dans les chapelles et sur les autels dédiés à ce saint, de la cire jaune pour présent.
- Dans la région de Lorient, Saint Pierre protège les pêcheurs et les abeilles et il était bon de l'implorer pour leur garder la santé et leur prodiguer du nectar.

A Saint-Ceneri le Gerei, les abeilles chassent les trublions venant perturber le calme de l'église: lire

Et quelques miracles

La porte de l'église Sainte-Marie-des-Abeilles fermait mal. Aussi tous les lundis de la Pentecôte, les abeilles entraient et bâtissaient leurs rayons dans l'écuelle tenue par l'enfant Jésus que portait la statue de sa mère Marie.

Le pélerinage à La Trinité

gravure
Au ciel, la Trinité, au premier plan "le pré des oblations" dans lequel on peut
distinguer une ruche, où l’on parquait le bétail donné en offrande
lors du pèlerinage.
A Montclard, construite sur les pentes d'un étroit ravin, la chapelle dédiée à la Trinité fut à l'origine de pélerinages importants. On y apportait bétail en guise d'offrandes ou pour le faire bénir afin de le protéger de toutes maladies.

Les croyances

gravureDans le monde gréco-romain, l'apiculteur devait se raser le crâne afin de ne garder aucun parfum ou onguent pouvant déranger les abeilles.
Selon les écrits de Plutarque, les abeilles n'aiment ni la débauche, ni les séducteurs, ni les ivrognes, idée qui sera conservée jusqu'au XIXe siècle. Elles n'attaquent que les individus coupables de rapports sexuels illicites et que l'apiculture exige de celui qui s'y livre une stricte fidélité conjugale.

Des auteurs rapportent qu'en sorcellerie, le fait de manger le roi des abeilles, faisait supporter la torture pour ne pas avouer son crime.

Les paysans voilaient les ruches d'un crêpe noir lors du décès du maître afin de ne pas perdre les ruches. Lors du mariage de la fille aînée, il les ornaient de faveurs roses.

gravure Notamment en Vendée, un préjugé voulait qu'un vendeur et son acheteur d'abeilles étaient voués à toutes les calamités agricoles, conséquences de cet acte marchand.

Dans les Landes, si le jour de la Saint-Martial le ciel était clair et la nuit sereine, la miellée sur la bruyère sera bonne; dans le cas contraire, les abeilles n'auront rien à picorer.

Les abeilles n'aiment pas les disputes, les animosités, les jurons ou les procés entre gens de leur entourage: cela les affaiblit. Elles dépérissent ou s'en vont si leur maître n'a pas de religion ou s'il s'énerve au rucher. S'il y a eu vol de miel dans la ruche, il faut la détruire immédiatement par le feu et enfouir les débris à l'endroit présumé où est passé le voleur en se retirant, sinon tout le rucher risque de disparaître. ?

Deuxième journée- Le XVIIIe chappitre

Quant un homme treuve en son pourpris un vaisseau d'eeps atachiés en un arbre, s'il ne l'estrine d'une pièce d'argent, c'est mauvais signe.
Baudinon Gorgette dist que cellui qui approprie à soy les eeps sans les estriner comme il dit est ou texte, elles ne feront que picquier cellui, et jamais ne l'aimeront ne lui feront prouffit.

Les évangiles des quenouilles- 1480

Dans l'Aisne, les abeilles piquent les personnes rousses; dans la Vienne, les piqûres sur une personne sont le signe, qu'au purgatoire, un des ses parents demande des prières; en Lorraine, elles quittent la ruche si le désaccord règne dans la maison et n'acceptent de travailler que si l'apiculteur est un homme bon et intelligent; dans les Deux-Sèvres, les jeunes fiilles vierges sont protégées des piqûres mais en 1625, on en était également protégé, si l'on portait sur soi un bec de pivert.

L'abeille et le couteau de Laguiole

photoLe "laguiole" fut crée en 1829 par Pierre-Jean Calmels; c'était un couteau pliant destiné aux paysans et qui possédait une mouche, terme technique qui désignait une protubérance destinée à bloquer la lame lorsque que celle-ci était ouverte. Pour replier la lame on tirait sur un anneau qui était associé à la mouche qui la dégageait du cran d'arrêt. Ce type de cran d'arrêt fut remplacé par un cran forcé qui permettait en forçant seulement sur la lame de la fermer. La mouche prit la forme d'un trèfle, d'une fleur puis le petit-fils du créateur, Jules Calmels, donna à la mouche, la forme d'une abeille qui de nos jours est une des caractéristiques des "Laguiole".

Sources

- Adrien BAILLET- La vie des saints
- Rémi CHAUVIN- Traité de biologie de l'abeille-photo Histoire, ethnographie et folklore
- Henri HAMET- L'apiculteurphoto
- Philippe MARCHENAY- L'homme, l'abeille et le mielphoto
- les sites
Gallica/bnf
Joconde
Geneanet
Pied de page
Retour à l'accueil

Ce site est optimisé pour un écran de 1280x768 et répond aux standards édictés par le W3C.
Il est conseillé d'utiliser un navigateur qui répond favorablement à ces standards.
Contact      © Cl. Bralet/la ruche sauvage