L’apiculture écologique

Etre apiculteur, c’est avant tout, aimer les abeilles ; celles-ci y mettent d’ailleurs beaucoup de conditions. Quand nous aimons un animal, celui-ci le ressent d’autant plus profondément si nous sommes à son écoute. Je ne m’adresserai qu’aux vrais apiculteurs, non aux marchands de miel et aux pillards de ruches.

Noël Michel

Génèse de l’apiculture écologique

On peut dire que l’apiculture écologique prit naissance lorsque l’homme construisit une ruche conforme aux lois qui régissent la vie de la colonie d’abeilles.

C’est M. de la Bourdonnaye, au XVIIIe siècles qui, après ses réflexions sur des pratiques et des constatations, déduisit le comportement d’un essaim en milieu naturel et mis au point une ruche s’exploitant en les respectant.

Plus tard, celles-ci furent ajoutées celles de l’abbé Warré qui, sur les mêmes principes perfectionna l’exploitation d’une ruche de sa conception qui porte son nom.

Ecologie…

L’apiculture écologique respecte les principaux éléments de l’écologie de l’abeille, c’est à dire :

  • choisit la race locale d’abeilles;
  • utilise une ruche proportionnée à la taille maximale d’un essaim à l’état naturel;
  • maintient dans la ruche une aération afin d’éviter tous germes pathogènes et moisissures;
  • agrandit la ruche par le bas;
  • nourrit la colonie avec le miel qui est le sien;
  • respecte l’essaimage, indispensable pour la régénération de l’espèce;
  • ne fait entrer aucun médicament dans la ruche;
  • ne pratique pas la transhumance, mais assure à la colonie une flore variée.

Race d’abeilles

Pour augmenter la production de miel, des apiculteurs ont importé des races étrangères ou tenté d’hybrider des races entre elles.
Si les races hybrides répondent dans un premier temps aux résultats recherchés, il s’ensuit rapidement un changement dans la lignée des abeilles.

Quant aux races pures étrangères, il s’avère qu’elles ne s’adaptent pas aux dates de mieillée du pays qui la reçoit, ces dernières faisant partie du patrimoine génétique de l’abeille.

L’habitat

L’abeille, dans la nature loge toujours dans une forme arrondie. Cette nécessité, simple avec la ruche en paille, est plus difficile à réaliser avec une ruche en bois car sa construction est plus complexe qu’une ruche carrée.

Cependant à partir de cette dernière, elle devient aisée par l’ajout de 1/2 chevron coupé dans le sens de la longueur et suivant sa diagonale, dans chaque angle de la ruche. Avec la construction d’un chapeau comme le pratique Noël Michel, nous obtenons un habitat proche de l’habitat naturel de l’abeille.

Pour les abeilles, une grande ruche est plus difficile à gérer qu’une petite et demande une plus grande consommation d’énergie durant l’hibernage. Une raison de plus qui pousse l’apiculteur “moderne” à leur donner du sucre plutôt que du miel.

L’alimentation

Le miel est la nourriture de l’abeille, la colonie consomme du miel qui est “le charbon de l’abeille”, l’apiculteur ne récoltant que le surplus. Pour nous, la récolte se fera au plus tôt au printemps et sera celui qui n’a pas été consommé durant l’hiver; c’est ce que les anciens faisaient en récoltant le miel aux environs de Pâques; ce qui avait également d’autres avantages.

Récoltons uniquement ce que l’abeille a en trop, le partage se faisant toujours à l’avantage de la colonie. ?

Il ne suffit pas d’avoir des colonies fortes en nombre d’abeilles mais surtout fortes en capacité d’adaptation et de résistance aux maladies et prédateurs.

Pour garantir une meilleure récolte, nous pouvons améliorer la ruche afin que les abeilles aient moins à consommer durant l’hiver grâce à une meilleure construction de la ruche et à un volume plus apte à conserver la chaleur de la grappe d’abeilles.

Ce fait nécessite de rechercher une ruche dont les caractéristiques concernant l’hivernage de la colonie soient optimum et permettent aux abeilles de consommer le minimum de miel durant cette période.

Ce point de vue est préconisée par R. Leroy, idée reprise avec une ruche en bois par Noël Michel et Roger Delon avec des solutions quelque peu différentes, non contradictoires mais ayant toutes, le même but; et Noël Michel déclare ” qu’une colonie en ruche à cadres a besoin pour hiverner de 12 à 15 kg de provisions suivant le modèle utilisé, […] et que la même colonie hivernant en catoire consommera à peine 6 kg, c’est-à-dire moins de la moitié! ”

Donner toujours du miel comme nourriture et non du sucre.

La cire et les rayons

L’abeille fabrique de la cire dans les premiers jours de sa vie.

Construire des alvéoles est un travail inné chez l’abeille qui fait partie de son répertoire comportemental. Cette cire est pure et naturelle alors que celle provenant d’un fournisseur sera peut-être élaborée à partir de rayons originaires de ruches traitées ou infestées ou de hausses conservées au paradichlorobenzène et que ces polluants risquent de contaminer le miel.

Rappelez-vous qu’au début de ce millenaire, une étude de l’AFSA montrait que plus de 50% des cires contenaient au-delà des normes des produits phytosanitaires dangereux.

Des fournisseurs gaufrent à façon les cires ou en offrent provenant de ruches exploitées biologiquement.

Comme Louis Sagot, de nombreux apiculteurs “modernes” pensent que fournir de la cire aux abeilles évite de la fabriquer et qu’ainsi les abeilles, épargnées de cette servitude, emmagasineront plus de miel. Georges de Layens (voir “Expériences…”), reprenant les expérimentations de Berlepsch faites en tenant les abeilles dans un espace clos, qui donnait une consommation de miel de 12 livres pour l’obtention d’une livre de cire, fit ses propres expériences “in situ” sur 18 colonies divisées en 2 lots égaux et en leur laissant toute liberté pour constater: le premier lot qui avait bâti des rayons avait emmagasiné 339 livres de miel, le deuxième lot qui qui n’avait pas construit de rayons 334 livres, conclut : Il y a avantage, toutes choses égales d’ailleurs, à permettre aux abeilles de construire.

Malheureusement ce sont les résultats de Berlepsch que les apiculteurs prirent comme “article de foi”… dont bénéficiaient les marchands de cire !

Alors que de Layens conclut également que les abeilles ont dû déployer une plus grande activité lorsqu’elles secrétent de la cire, un fait semble lui avoir échappé ou en était ignorant, c’est que les cirières et les butineuses sont des abeilles à différents stades de développement. Les premières sont de jeunes abeilles ne quittant pas encore la ruche qui ne peuvent aller butiner. Pendant qu’elles construisent, les butineuses continuent leurs allers et venues et ainsi les alvéoles sont remplies qu’il y ait cire gaufrée ou non.

Il est à penser que dans l’organisation de la ruche, le nombre des cirières soient en accord avec le nombre des butineuses et que le travail d’emmagasinage se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Ainsi Berlepsch trouva un poids pharamineux de consommation de miel pour construire de la cire car le miel consommé représentait la somme du miel consommé par les cirières + miel consommé par les butineuses réduites au chômage.

Or une abeille ne sait que travailler quelque soit son stade de développement.

Une autre expérimentation vint confirmer celle de G. de Layens: l’abbé Delépine compara deux ruches de même force et deux hausses de même capacité, l’une garnie de feuilles gaufrées, l’autre de rayons vidés à l’extracteur, laquelle sera remplie la première?

A priori, il semble que la seconde devrait être en avance sur la première, les abeilles n’ayant en réalité, qu’à remplir les alvéoles de miel et à les cacheter; les expériences que j’ai faites avec le plus grand soin m’ont cependant donné un résultat contraire.

Ce qui laisse à supposer que le chômage est nuisible aux abeilles, et c’est en laissant les abeilles travailler comme elles l’ont toujours fait et selon leurs biologie et leur développement que le rendement sera le meilleur et l’abeille préservée; il peut être supposé que dans ces expérimentations, l’apport de cire gaufrée perturbe l’organisation du travail que la colonie a acquise dans la programmation des tâches de chacune.

Apporter des cires gaufrées dans une ruche, c’est toujours risquer d’introduire des restes d’insecticides dans celle-ci. Ce problème est totalement réglé dans la méthode d’exploitation de la ruche Warré puisque les cires sont renouvelées par les abeilles tous les ans.

L’essaimage

Un essaimage naturel raisonnable peut se faire par le choix d’un certain pourcentage par rapport au nombre de ruches, par exemple d’en récupérer un sur deux ruches qui essaiment, faire don à la nature d’un essaim qui ira l’enrichir, peut-être de devenir plus résistante par la sélection naturelle et de faire bénéficier un futur apiculteur d’une bonne colonie. Il ne meurt pas comme je l’ai entendu dire bien que ce soit une éventualité, mais il ira à la recherche d’un lieu où il pourra fonder une nouvelle colonie qui s’agrandira avec la disparition de la vieille reine et la naissance d’une nouvelle.

Un essaim peut peupler une nouvelle ruche si on le récupère en plaçant des ruches-pièges aux environs des ruches, méthode pratiquée par nos grands parents qui ne se sont jamais plaint du manque d’abeilles, et ce, sans manipulation complexe et artificielle.

Comparaison entre essaim artificiel et essaim naturel

Essaim artificiel

  • La procédure est forcée
  • Si les abeilles ne sont pas asez loin de la souche, elles y retournent.
  • Il n’y a pas de cellules de reine en préparation dans la ruche d’où est sorti l’essaim artificiel.
  • L’essaim n’est pas équilibré.
  • C’est l’apiculteur qui dirige l’essaimage, de façon subjective.
  • Perte de dynamisme.

Essaim naturel

  • Le procédé est naturel.
  • Les abeilles ne retournent jamais à la souche.
  • Une ou plusieurs cellules royales sont en préparation.
  • L’essaim garde le même équilibre que dans la ruche.
  • C’est la colonie qui gère l’essaimage.
  • Maintien du dynamisme.

Cependant, la non nécéssité de surveiller la ruche et de ne pas à avoir à capturer l’essaim qui, quelquefois se fixe à des endroits difficiles à atteindre, font que l’essaimage artificiel est largement préféré par les apiculteurs.

L’abbé Collin compara plusieurs fois le produit d’un essaim forcé avec le produit d’un essaim naturel de même jour et de même force; l’essaim naturel, en septembre, avait toujours plus de miel que l’essaim artificiel. Il en attribue la cause aux bourdons qui sont plus nombreux dans l’essaim artificiel. La cause n’en serait-il pas que l’essaim naturel, équilibré, se met aussitot au travail alors que l’essaim artificiel, déséquilibré, doit attendre plusieurs semaines avant de retrouver un équilibre naturel?

Le docteur F. Monin, apiculteur à Mornant, nous fait partager ses observations: “Je vous suis fort obligé des communications d’Huber que vous avez publiées; je ne les connaissais pas et j’en ai été d’autant plus charmé que pareilles remarques me préoccupaient dans ce moment. Mes premiers essaims sont bien garnis de miel et les abeilles sortent et rentrent à pleines portes, les cuisses garnies de pollen; mais les dernières sont relativement mornes et, en entrouvrant les volets de mes ruches, je vois les abeilles paresseusement groupées en poire dans le centre de la ruche. Quelques unes à peine sortent et entrent de temps en temps, et le peu de rayons dégarnis que l’on aperçoit sont formés de belles cellules blanches mais absolument vides. Evidemment, le travai languit; à quoi l’attribuer? En y réfléchissant, je suis convaincu que les essaims primaires trouvaient dans leur grande provision de miel amassé au bon moment une ressource qui leur permettait de continuer l’éducation du couvain, même en temps contraire; tandis que, les ressources venent à manquer aux derniers venus, ils avaient dû abandonner cette fonction, qui est le plus puissant stimulant de la prospérité d’une ruche. J’ai fait également la même remarque pour les essaims artificiels que j’ai comparativement tenté de faire; les abeilles y ont construit leurs édifices et tout s’y est bien passé aussi régulièrement que pour l’établissement d’un essaim naturel; mais pour l’activité, l’entrain, quelle différence! Là un va-et-vient perpétuel, une animation à ravir; ici une mollesse, une sorte de nonchalance à inquiéter; n’était quelques ouvrières charriant à rare intervalle quelques pelotes de pollen, ce serait douter si l’essaim est pourvu d’une reine. Tandis que le magasin du premier regorge de miel facile à distinguer à ses cellules operculées, c’est à peine si une inspection minutieuse en démontre, chez les secondes, l’existence dans les cellules du centre. Evidemment il y a eu ici surprise, tâtonnements, hésitations, retardement. Or, en pareil cas, le retard c’est la mort. C’est pourquoi, toutes choses égales d’ailleurs, je préfère infiniment les essaims naturels, et ne recourrais volontiers aux artificiels, qu’autant que les premiers, contrariés par le temps, ne pourraient heureusement aboutir. […] L’essentiel avant tout, est d’obtenir des essaims précoces, et c’est à quoi, sans recourir aux essaims forcés, tous les apiculteurs savent qu’il est en général facile d’arriver, par l’orientation et l’abri de son rucher.”

Au printemps, dans la ruche sauvage, les colonies sont très précoces et les essaims naturels formées dans des conditions normales n’ont aucun problème pour hiberner. Dans une de mes ruches dans laquelle j’avais réuni plusieurs petits essaims, ce fut celle qui devint la plus productive et la plus forte de toutes.

Cependant plusieurs apiculteurs vanteront l’essaimage artificiel et en seront satisfaits.

Essaimage naturel contrôlé

Outre les procédés désignés plus haut, le moyen de procéder à un essaimage naturel contrôlé est de vérifier si des cellules royales sont en construction. Sont à inspecter les ruches très populeuses qui présentent un couvain serré, operculé et couvert d’abeilles. Si les cellules royales sont operculées il est nécessaire d’intervenir.
Pour les manipulations, consulter l’ouvrage de Gilles Denis, La ruche Warré.

Le contrat naturel

Pour répondre favorablement à la conception de “Contrat naturel” de Michel Serres, un essaimage de la colonie raisonnable pourrait se faire par le choix d’un certain pourcentage par rapport au nombre de ruches, par exemple 2 pour 20 ruches d’en récupérer un sur les deux et faire don à la nature d’un essaim qui ira l’enrichir, peut-être de devenir plus résistante par la sélection naturelle et de faire bénéficier un futur apiculteur d’une bonne colonie. Il ne meurt pas comme je l’ai entendu dire bien que ce soit une éventualité, mais il ira à la recherche d’un lieu où il pourra fonder une nouvelle colonie qui s’agrandira avec la disparition de la vieille reine et la naissance d’une nouvelle.
Un essaim peut peupler une nouvelle ruche si on le récupère en plaçant des ruches-pièges aux environs des ruches, méthode pratiquée par nos grands parents qui ne se sont jamais plaint du manque d’abeilles, et ce, sans manipulation complexe et artificielle.

L’hivernage

Nous pouvons conclure que la ruche en forme de cloche et un nourrissement avec le miel que l’abeille a emmagasiné est le meilleur moyen de permettre à la colonie d’abeilles de passer un hiver sans problème.

Hygiène de la ruche

Prévention

Notamment au passage d’une ruche à cadre à une ruche Warré ou autre du même type, ou à l’enruchement d’un essaim vagabond, aider la colonie à l’élimination des varroas par des produits naturels et nourrir avec des huiles essentielles en addition au sirop.
– Sélectionner les colonies bonnes nettoyeuses de la ruche;
– favoriser l’environnement en cultivant des plantes mellifères de différentes variétés

A titre de prévention, l’utilisation d’huiles essentielles est recommandé et suffisemment efficace pour garder les colonies en bonne santé, en bannissant tous les produits phytosanitaires de l’industrie chimique.
La multiplicité des qualités médicinales des nectars ne pourront qu’améliorer celles thérapeutiques du miel dont les abeilles profiteront.
Un environnement favorable à l’abeille serait un frein à la prédation.
Seules les colonies faibles ou affaiblies par des manipulations inadéquates, des interventions fréquentes ou manquant de provisions contracteront des maladies car toutes en sont porteuses; les plus fortes ne les développeront pas. Il est nécessaire d’avoir des ruches saines dont la conception s’opposera à l’installation de gènes pathogènes; aussi une forme adéquate, une bonne ventilation, une température élevée au sein de la grappe seront favorables. G. Denis indique qu’une température de 36°, voire plus qui peut être maintenue diminue la multiplication de la varroa.

Ventilation

L’apiculture écologique prend en compte ce paramètre de la ruche afin d’améliorer l’habitabilité de la ruche, de la rendre saine et permettre une économie d’énergie à l’abeille donc une meilleure récolte de miel.

Trois types de régulation pour ruches Warré

Régulation statique
de R. Delon Régulation
de Marc Gatineau Régulation dynamique
de J. Cl. Guillaume

Roger Delon constate que les rayons sont toujours fixés hermétiquement au sommet de la cloche des gâteaux de miel où la température est constante. L’air réchauffé monte au sommet de la ruchée et le gaz lourd tombe avec l’excès hygrométrique et se condense près de l’entrée. Un couvre cadres imperméable très isolant empêche une condensation au sommet.
Ainsi les abeilles n’ont pas à s’épuiser pour réagir inutilement à l’inconfort de l’habitat.
Elle se fait par l’installation d’une toile sur les cadres surmontée d’un couvercle isolant laissant une mince couche d’air entre celui-ci et la toile recouvrant les cadres. Elle sert également à éviter la propolisation des barrettes avec le couvre cadres.
La ruchée gère constamment la régulation climatique et contrôle les courants ascendants et descendants; l’air chaud reste au sommet tandis que le CO2, plus lourd descend et la vapeur d’eau se condense dans les zones plus froides, c’est à dire près de l’entrée de la ruche.
Gilles Denis construit ses ruches selon le même principe et utilise une toile micro-perforée qui peut-être remplacée par une grille souple ou une moustiquaire épaisse recouverte d’un couvre cadres multi-fonction de sa conception.
(Voir N. Michel) photo
Cet apiculteur perce chaque élément de sa ruche d’un évent de 22mm de diamètre pour la prévention de l’essaimage et qui sert également aux abeilles pour entrer directement dans l’élément sans passer par le trou de vol.
Il sert aussi à la régulation thermique et peut se fermer par un petit volet métallique tournant autour d’une vis.

Dans ce type de régulation il n’y a pas de courants descendants car l’air est refoulé naturellement à l’extérieur par le haut entraînant le CO2 avec lui; l’air est constamment renouvelé: c’est le principe de la cheminée.
On peut remarquer que les abeilles s’installent quelquefois dans celles-ci.
Les abeilles propolisent plus ou moins les mailles d’une moustiquaire placée au dessus des barettes pour créer le courant d’air souhaité suivant la configuration des cires.
Pour freiner l’entrée d’air on peut changer l’orientation de la ruche
(sans changer l’orientation de l’entrée)
et la mettre en “batisses chaudes”.

Dans le premier système l’espace entre les cadres et le couvre cadres sert à empêcher la propolisation des cadres au couvre-cadres.
Dans une ruche ronde avec dôme, la régulation se fait naturellement: un courant central ascendant chaud qui, se refroidissant au contact de la paroi, redescend vers le bas de la ruche, les abeilles pouvant réguler ce courant en ventilant à l’entrée de la ruche, sans apport d’une quelconque autre architecture.

Les manipulations

diagrammeA chaque fois que la ruche est ouverte, il y a stress provoquant agressivité, refroidissement du couvain; les abeilles se resserrent autour de celui-ci afin de le maintenir à la température désirée, d’où une dépense d’énergie… et de miel.
Une ouverture de la ruche est une agression et les abeilles réagissent comme telle; l’enfumage en est une autre et la réaction prend différentes directions:
– ventilation du nid à couvain qui induit un léger refroidissement,
– prise de nourriture qui est une réaction “d’effroi” et de sauvegarde;
– fuite vers des régions de la ruche les plus éloignées où il se produit une hausse de température à cause de l’entassement des abeilles.

Conclusion

Garder la ruche dans un excellent état sanitaire

Le leitmotiv de l’apiculture est “obtenir des colonies fortes”, c’est à dire à population nombreuse. Ne devrions pas dire “obtenir des colonies saines pour obtenir des colonies fortes” dans tous le sens de résistantes et actives; pour ceci n’existe qu’une seule solution:
– donner à l’abeille un habitat adapté;
– lui donner la nourriture qui est la sienne: le miel, surtout lorsqu’elle hiberne;
– maintenir son habitat en un état de salubrité parfait, c’est à dire:
– permettre une régulation de l’hygrothermie;
– ne pas introduire de cires étrangères;
– lui donner un habitat proportionnel au volume de la colonie afin qu’elle puisse le gérer commodément;
– ne pas intervenir inconsidéremment.
Tout est lié et il serait inutile de le démontrer;
L’ABEILLE EST LIEE A SA RUCHE COMME LA RUCHE EST LIEE A L’ABEILLE.
Ainsi tout est conforme, intégré et on peut dire “dans le meilleur des mondes possibles”.

Philosophie …

Généralités

Une grande qualité de l’apiculture écologique est de rechercher et d’appliquer la simplicité dans l’exploitation de la colonie: simplicité de la ruche, de l’apiculture et de l’apiculteur qui doit laisser l’abeille travailler dans les conditions qui lui sont propres.

L’apiculture écologique, professant que seule l’abeille commande, nécessite une bonne connaissance de la biologie et des comportements de la colonie. Aussi les manipulations, aussi simples soient-elles doivent être faites en temps et heure favorables afin que tout le potentiel de vie et d’expansion de la colonie se développent harmonieusement, et que tout soit ainsi pour un hivernage sans mauvaise surprise.
L’apiculture se réduit bien souvent à des manipulations, des techniques alors que la véritable apiculture doit être un dialogue entre la colonie et l’apiculteur, ce dernier étant aux ordres des abeilles; les techniques sont là pour nous servir. Il ne sert à rien de savoir tendre des fils inox sur un cadre si nous ne connaissons pas les mœurs d’une colonie, ses exigences et son écologie. Faire de l’apiculture, c’est aussi travailler avec l’esprit de la ruche. Travaillons avec l’abeille et le miel sera là… tout naturellement! ou presque…
Et aucun cours n’apprendra cet état d’esprit qui fait rimer: apiculture, équilibre et simplicité et le meilleur enseignement que l’on puisse recevoir est celui de la nature : c’est lui qui nous fera avancer en pratiquant, observant, étant à l’écoute de nos chères avettes.
Puisse l’apiculteur conjuguer le verbe “être” dans ce rôle, et non le verbe “avoir” … quelqu’en soient les conséquences.
ON NE MAITRISE LA NATURE QU’EN OBEISSANT A SES LOIS. Bacon

Le contrat naturel

Michel Serres dans ses ouvrages et conférences nous invite à vivre une philosophie selon “Le contrat naturel..
Celui-ci appliqué à notre société nous oblige à modifier l’esprit qui anime la plupart de nos contemporains et à revoir nos comportements vis à vis de la nature. Rendre à la nature ce que nous lui prenons afin que l’échange soit équitable.
Plus que la sagesse indienne qui préconisait de prendre à la nature, uniquement ce dont l’homme avait besoin- il nous enjoint de rendre à la nature autant que ce que nous lui prenons et nous rappelle que le parasite cause la mort de l’hôte sur lequel il vit, causant ainsi la sienne. L’homme moderne n’est il pas le principal parasite de la terre sur laquelle il vit?

L’homme moderne vit ainsi sur des richesses qui s’épuisent, sur la biodiversité qui s’amenuise et des systèmes qu’il détruit sans même les régénérer sous une autre forme.

En apiculture, il importe que, parallèlement à une population d’abeilles enruchées, vivent des colonies sauvages totalement déliées de toutes interventions humaines afin qu’elles obtiennent dans la vie qui est la leur, une évolution conforme à leur environnement et qu’elle puissent y trouver tout ce dont elles ont besoin.

Ethique.

Vivre auprès d’elles nécessite un comportement responsable vis à vis de ces dernières:
– respecter la biologie et les comportements naturels de l’insecte;
– se sentir responsable des animaux que l’on élève;
– préserver son environnement en protégeant la bio-diversité et aujourd’hui en adhérant et encourageant des associations ou organisations ayant ces objectifs;
– respecter l’éthique de l’échange équitable: le miel appartient à l’abeille qu’elle emmagazine pour survivre durant la mauvaise saison, non à l’apiculteur qui ne lui fournit que la ruche. Alors fournissons lui une ruche qui lui soit adaptée, en bon propriétaire soucieux du bien-être de ses locataires.

L’apiculture n’a pas échappé au règne de la sur-exploitation de la nature et je trouve lamentable de s’attribuer toute la production d’une colonie. Ce n’est plus faire une récolte, c’est piller la réserve des abeilles faite pour leur survie! Leur donner en compensation du “jus de betterave” c’est les tuer à petit feu, diminuer davantage leur résistance qui, déjà amoindrie par l’introduction de cires gaufrée à la ruche, les faire disparaître progressivement. Ce n’est ni le frelon asiatique, ni la varroa les plus dangereux, c’est bien l'”homo-rapax” le pire des destructeurs.
Ce ne sont plus des apiculteurs mais des marchands de miel pilleurs de ruches.
L’apiculteur écologiste

Il est des apiculteurs débutants comme des éléves des écoles d’agriculture, dans les débuts de leur activité professionnelle, ils adoptent le matériel et les méthodes qui leur a été enseignées sans mettre en cause la moindre parole de leurs “maîtres”.
Comme d’autres, les apiculteurs ayant adopté la ruche Warré ont commencé par des ruches Dadant, dont la conduite est la seule proposée dans les cours, mais ont compris que celle-ci n’était pas adaptée à l’abeille. Ces apiculteurs pratiquant “la ruche Warré”, nous démontrent qu’une apiculture différente est possible, ils nous en donnent la preuve, démentent formellement l’adage “du miel OU des abeilles!” pour une apiculture produisant “du miel ET des abeilles”, ce qui est la manière de pratiquer cet art d’une façon équilibrée et autonome.

L’apiculteur écologiste n’oblige jamais l’abeille car c’est elle qui conduit la ruche. L’apiculteur est là pour l’aider et la guider dans le respect de sa vie sauvage. Il partage avec elle le fruit de son travail.

Ces apiculteurs professionnels ont adopté la ruche Warré et s’en portent très bien. Il n’est pas question de sur-exploiter l’abeille et sa colonie et encore moins de pratiquer une apiculture spéculative pour obtenir un maximum de miel, ce qui en élevage et en agriculture a donné des résultats que l’on connaît. Le but est de pratiquer une apiculture équilibrée, qui suivra le rythme des années, bonnes ou mauvaises, et qui préservera la biologie et les comportements naturels de l’abeille.
Notre plaisir sera de partager notre récolte qui sera de qualité, à défaut d’être de quantité!

Afin de comprendre celle-ci, lisons ce qu’ils disent:
– M. Gatineau- Toute ma vie j’ai essayé d’améliorer et de simplifier le travail pour le rendre plus humain, plus facile[…]. Qu’il soit en harmonie avec la Nature, avec l’instinct des abeilles afin qu’elles aussi soient heureuses.. Que je puisse en tirer des profits suffisants pour vivre heureux et en famille. (Avant propos)
J.Cl. Guillaume, dans sa présentation de l’apiculture écologique, nous livre sa philosophie basée sur le respect de l’abeille.
A. Charlier nous parle d’équilibre et d’équité entre l’abeille et l’apiculteur.
Des considérations inconcevables et jamais prises en compte dans l’apiculture dite “moderne”.
Et avant tout il s’agit de redonner sa place à l’abeille afin de récolter du miel et plus encore, penser “abeille” avant de penser “extracteur”.

L’apiculture écologique de J.Cl. Guillaume

Cliquez ici pour télécharger au format PDF ” L’apiculture et la ruche écologique “.

L’ouvrage de cet apiculteur “L’Apiculture écologique de A à Z” est propre à former des apiculteurs assistants et protecteurs de l’abeille et non plus des exploiteurs pilleurs de ruches.

C’est une apiculture simple pratiquée avec des ruches Warré à fenêtres qui permettent de suivre l’évolution de la ruchée sans l’ouvrir, ce qui est un très grand avantage pour l’apiculteur et le couvain.
La lutte contre les varroas est pratiquée en faisant passer les abeilles dans un décontaminateur en début de saison puis en les transvasant dans leur ruche qui ne sera ensuite ouverte que pour la récolte. Au bout de quelques années et selon les premieres constations, les abeilles retrouvent leur résistance naturelle tout comme leurs sœurs sauvages.
Le miel récolté est de toute première qualité car dans la ruche n’entre aucune cire gaufrée, ni médicament.

Rapport travail/rendement

Dans un document établi par Jean-Marie Frères, en comparant 5 ruches de chaque modèle (Warré et Dadant) et ce, sur une durée de dix ans, montre que malgré une différence de récolte moindre en apiculture écologique (3u. contre 5u. en Dadant) et compte tenu de l’investissement (2u. contre 5u. en Dadant), le prix de revient du miel est bien inférieur à celui d’une ruche Dadant (15 unités pour une ruche écologique contre 22 unités pour la Dadant) et le temps consacré à une ruche écologique est de plus de moitié moindre que pour une ruche Dadant (5h. contre 12h./ruches/année.).
Il faut investir dans l’exploitation près de 47% de plus par kilo de miel récolté avec une ruche Dadant qu’avec une ruche Warré, sans compter les heures de travail dont le coût n’a pas été évalué.
Le prix du miel en ruche écologique et en ruche Dadant a été évalué comme équivalent bien que le premier puisse être vendu à un prix supérieur, garanti par la méthode comme absolument pur et dépourvu de tout produit chimique.
Il n’a pas été tenu compte des produits de traitements et de lutte contre la varroa, différents dans chacune des ruches.
Dans le cas où les heures de travail sont décomptés dans le prix de revient d’un kilo de miel, les calculs calqués sur les évaluations du temps constatés sur cette étude, le miel provenant de la ruche Warré est produit à un coût presque à moitié prix que celui de la ruche Dadant.
L’apiculture biodynamique

Alors que je m’attendais, dans l’ouvrage de référence de l’apiculture biodynamique “L’abeille, conduite et soins.” à une pratique apicole très écologique, je ne pus que constater qu’il n’en était rien, bien que le discours le soit dans sa plus grande partie.

La théorie La pratique
La ruche la forme ronde rectangulaire
le matériau la paille du bois au plastique
le modèle à cadres
Le nourissement miel sucre
D’autre part, l’auteur affirme que laisser du miel à la colonie durant l’hiver n’est plus possible et que l’abeille est en mesure de préparer, à partir du sucre, une substance chimiquement semblable au miel. Ce qui est faux et ridicule- il s’agirait alors de fraude si ce miel était commercialisé! Avis donc aux consommateurs de miel provenant de ruchers traités selon la bio-dynamie!

Avant de donner à la colonie du sucre pour l’hiver aux jours “Lumière-fleur” ou “Chaleur-fruit” et la conduire selon une apiculture moderne au rythme des planètes, etc…; il serait bon déjà de se pencher sur la biologie de l’abeille sur terre et de respecter ses conditions naturelles d’existence avant de la nourrir de sucre selon des cycles astronomiques dont rien aujourd’hui ne confirme des effets essentiels sur les êtres des rayons issus de l’Univers.

Conclusion

Bien que la récolte en ruche “Dadant” soit supérieure en quantité puisque l’abeille est privée de sa nourriture naturelle durant la période hivernale, il est sûr que l’exploitation de cette ruche a des contreparties néfastes sur l’abeille et vient le temps de réagir afin que cette dernière ne disparaissent pas comme un certain nombre d’espèces dont la survie est en danger. Une nourriture mal adaptée, une sur-exploitation accompagnées de la dégénérescence du milieu naturel apportent à cette menace des possibilités supplémentaires que l’ont peu éviter en gérant des ruches avec sagesse et discernement.

En ajoutant tous les facteurs, et j’en oublie- adaptation à un habitat peu conforme, à des comportements non instinctifs, nourrissement avec du sucre industriel, interventions dans la ruche et dans la ” vie privée ” de la colonie, médications violentes, environnement dévasté, …- serait-il possible que l’abeille n’en subisse pas les conséquences?
Et posons-nous la question: “L’abeille sauvage est-elle sujette au syndrome d’effondrement?”
extracteur à cagesEt n’oublions pas de comparer les investissements en temps et en argent que les deux systèmes gênèrent et évitons la maxime:

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué!

Quant à la récolte, des solutions existent également: moulimiel de G. Denis, ruche mixte et ruche Gatineau qui permettent l’emploi de l’extracteur.
Il existait des extracteurs dits à cages qui pouvaient recevoir des rayons de miel de la ruche Warré. Aujourd’hui certains extracteurs modifiés pourraient en faire autant.

Un avis différent

En ce début d’année 2011, je prends connaissance de l’abandon par M. Nicollet des ruches Warré qu’il juge au format inadapté.
Au premier abord, vendre des essaims selon une méthode que l’on ne contrôle pas me semble pas très correct… même si commerce oblige!
J’admets que les premiers contacts avec cette apiculture est déroutante car avec cette ruche, il n’est pas seulement question de compréhension et de techniques mais aussi de philosophie et d’éthique. On ne peut mélanger les genres et rechercher dans la ruche Warré les avantages qu’offre à l’apiculteur la ruche à cadres.
Même si ce n’est que tous les six jours, le couvain refroidi par les visites est-il un bienfait pour l’ensemble de la colonie? Et je citerais de mémoire Henri Hamet dont on admet la compétence: Le boucher a t-il besoin d’ouvrir un boeuf pour en connaitre le suif et l’agriculteur d’analyser sa terre pour en connaître la fertilité. M. Nicollet va t-il tous les mois chez son médeçin, voir si sa santé est bonne?
Durant des milliers d’années les abeilles sauvages ont vécu sans visite alors qu’elles sont dans une situation critique à notre époque. Alors aiment-elles tant que çà le travail des hommes (et de sa bêtise, comme il est dit)? Ceci me fait penser aux radiographies obligatoires annuelles que nous devions passer dans notre jeunesse puis dans notre lieu de travail et qui furent abandonnées faute de dépistage positif.
Aussi, faudrait-il être vigilant sur la ventilation qui dans les ruches de M. Nicollet ne semble ne pas exister et qui peut-être est la cause des mycoses qu’il craint!

Pro…fessionnel contre pro…fesseur!
Voici les écrits de M. Lassalle, ancien directeur de l’Ecole Supérieure d’Apiculture de Paris et professeur de l’Ecole nationale d’Horticulture de Versailles, apiculteur pratiquant:
Laisser les colonies tranquilles- Lorsque les colonies possèdent les cadres nécessaires à leur développement et à l’emmagasinement de leur provisions, il faut laisser les abeilles à leur instinct; plus les colonies seront tranquilles, moins on fera de visites, plus elles travailleront.
Si les abeilles sont si heureuses de notre présence, pourquoi nous piqueraient-elles et les enfumerait-on?
M. Gâtineau qui adopta la ruche Warré à cadres nous dit les mêmes paroles: Je sais mes abeilles heureuses.!!! tout celà n’est que subjectif!
Et rappeler la définition du mot écologie: Etude des milieux où vivent les êtres vivants, ainsi que des rapports de ces êtres entre eux et le milieu. Celà s’entend avec le milieu naturel du lieu.
Or en pleine nature l’essaim ne rencontre pas de ruche abandonnée ou non, de carton de 30×30 et encore moins de ruche en plastique alimentaire; et où pourrait-il trouver des cavités naturelles aux dimensions des ruches dites modernes? 30 cm de diamètre correspond déjà au creux d’un arbre d’un certain âge et c’est plus souvent dans des cavités de 20 à 25 cm que les essaims s’installent pour ne construire qu’une demi-douzaine de rayons! Ce nombre de 8 n’est d’ailleurs pas un nombre absolu mais résulte de l’observation du nombre de rayons que les plus gros essaims construisent dans la nature c’est à dire dans son milieu et dans les cavités où l’on rencontre des abeilles! La dimension de 30 cm est le résultat des mesures adoptées par l’abbé Warré: 2,4 cm pour la largeur de barrettes et 1,2 cm d’espacement ce qui donne (2,4×8)+(1,2×9)= 30 cm, sachant bien que les abeilles ne construisent pas les cires sous une épaisseur constante. D’ailleurs dans une ruche Voirnot absolument vide, les abeilles construiraient peut-être un nombre de gâteaux de cire différent que celui des cadres dont on la garnit!
En effet en laissant les abeilles vivre leur vie et en choisissant de ne pas refroidir le couvain, les visites comme les cadres deviennent inutiles. Chaque système a sa logique qu’il faut respecter et en accepter avantages et inconvénients.
Pourquoi ne nous laisserions-nous pas le plaisir d’élever des abeilles comme à l’état sauvage alors que nous pouvons récolter un miel excellent, plus que bio et laisser les abeilles vivre selon leurs lois?
L’autonomie serait-elle défendue? Le chemin du super-marché ou du magasin bio serait-il le seul à suivre?
J’émet ici une autre cause pour laquelle la ruche Warré ne s’est pas propagée: les catalogues de cette époque n’offraient aucune ruche de ce format et bien souvent, uniquement des ruches à cadres. Si je me réfère au caractère commercial qui anime tant de personnes, un client Warré est un client que l’on ne revoit pas tandis que celui d’une ruche à cadres est un fidèle, à qui l’on vendra tôt ou tard un extracteur et de nombreux articles, cadres, lève-cadres, cire gaufrée, etc…
Et combien d’exemples sont là pour confirmer ce fonctionnement!
Pour ma part, je n’ai pu que constater que chacun chante pour sa chapelle et que la meilleure méthode est celle qui répond à nos aspirations mais n’est pas nécessairement celle conforme à la biologie stricte de l’abeille- j’ai lu dans un forum que la ruche Dadant était une ruche écologique!???
Que vais-je faire? une apiculture industrielle? biologique? écologique? Vais-je travailler selon les lois de la nature ou tenter de les contourner?
Quel miel récolterais-je et comment?
Que vais-je mettre en priorité? la vie? l’abeille, l’apiculteur?

La peinture Thermopeint® est autorisée en apiculture biologique, mais citons le paragraphe 59 de l’annexe 1 du Codex Alimentarius de la FAO/OMS: Les ruches se composeront essentiellement de matériaux naturels ne présentant ancun risque de contamination pour l’environnement ou les produits apicoles. En effet, cette peinture devrait être exclue comme toute ruche en plastique, alimentaire ou non!
Et les interdits en apiculture biologique le sont à plus forte raison en apiculture écologique… Ne mélangeons pas tout, et ne rebaptisons pas les choses avec des qualificatifs inapropriés pour vendre une marchandise destinée à tromper le consommateur.
Les principaux inconvénients sont le poids des éléments, preuve que la colonie travaille, et la surveillance du développement de la colonie, preuve qu’elle se porte bien. Si une méthode ou une ruche n’en avaient aucun, ceci se saurait!

Une femme d’entrepreneur en maçonnerie me déclara en voyant mes travaux: “Et c’est sûrement mieux fait qu’avec un professionnel!” “Professionnel” ne veut pas donc dire que le travail sera bien fait… vite fait? oui! bien fait? pas sûr!
Alors, pour vous rendre compte de la valeur de cette apiculture, allez rendre visite aux nombreux amateurs qui ont adopté la ruche Warré avec succès et aux professionnels qui en ont fait autant pour ne jamais revenir en arrière.
En cas d’échec, il est plus facile d’accuser une cause extérieure, la ruche, le voisin, les circonstances, les 35 heures, la crise, le gouvernement, etc… que de rechercher ses propres erreurs.

La nature enseigne l’humilité et la place qui nous revient est celle d’observateur respectueux, au mieux de la comprendre et en tous cas de nous plier à ses lois et à ses exigences.

Vouloir faire mieux, c’est toujours la déséquilibrer.

Sources :

  • Alain CHARLIER- L’élevage biologique des abeilles.
  • Gilles DENIS- La ruche Warré.
  • Jean-Marie FRERES et Jean-Claude GUILLAUME- L’apiculture écologique de A à Z.
  • Marc GATINEAU- L’apiculture telle que je l’aime et la pratique.
  • Marcelin LASSALLE- La cité des abeilles.
  • Georges de LAYENS- Nouvelles expériences pratiques d’apiculture.
  • Rodolphe LEROY- Les abeilles et la ruche mixte.
  • Noël MICHEL- Entretien avec les abeilles.
  • Michel SERRES- Le contrat naturel.
  • Mathias THUN- L’abeille, conduite et soins.
  • Emile WARRE- L’apiculture pour tous.